Ce blog commente l'actualité des technologies de l'information et de la communication utilisées dans les relations industrie-commerce de la chaîne d'approvisionnement à la gestion de la demande.

jeudi 20 juin 2013

L’avenir des standards de communication dans le secteur des produits de grande consommation


Un récent rapport publié conjointement par Capgemini, le consumer goods forum et GS1 fait le point sur les standards de communication utilisés par les fournisseurs, distributeurs et logisticiens. Il s’agit pour l’essentiel des standards de code à barres, d’étiquette RFID, d’échange électronique et de traçabilité.
Les décideurs interrogés s’accordent pour reconnaître l’utilité de ces standards et pour convenir que le corpus existant satisfait les besoins du secteur. Ce n’est pas de développement de nouveaux standards dont ils ont besoin, mais d’une plus large et plus intense utilisation de ceux-ci.
Les standards existants sont loin d’avoir donné leur pleine mesure, certes l’identification par le GTIN (global trade item number) s’applique à presque 100% des produits, mais celle des unités d’expédition reste inférieure à 50% en nombre de références et a du mal à atteindre les 2/3 des volumes. Les échanges électroniques sont largement utilisés pour la commande mais encore insuffisamment pour l’avis d’expédition et la facture. Il reste beaucoup de processus qui pourraient être rendu plus fluide et moins incertains voir chaotiques par la dématérialisation, comme le paiement, le suivi de transport, le contrôle du niveau des stocks, la disponibilité des produits en rayon, l’animation et la gestion des sites de vente en ligne ...  
Dans les pays développés l’apport des standards dans la chaîne d’approvisionnement est une réduction de coûts estimée à environ 6% des ventes de détail, mais elle pourrait être de 10% avec une utilisation des standards étendue à toutes les entreprises et dans tous les champs d’application possible. L’enjeu en France est de quelques 10 milliards d’euros.  
La priorité est donc la promotion et le marketing des standards auprès des entreprises, les grandes et les moyennes pour étendre l’usage des standards dans tout le circuit de la vie des produits, les petites pour les embarquer dans une gestion digitale de leurs affaires.
L’étude publiée par Gapgemini consulting intitulée « l’avenir des standards dans le secteur des biens de consommation et ducommerce de détail dépeint avec justesse l’existant et propose avec justesse des pistes de progrès.

lundi 17 juin 2013

The Global Forum, Tokyo 2013

1000 délégués sont venus d’une quarantaine de pays. Le contenu des conférences étaient d’un très bon niveau. Les grandes tendances sont les suivantes par ordre d’importance :
1. La distribution va online and mobile (10% du CA à l’horizon 2017-18)
2. Dans tous les pays développés la population des plus de 60 ans représentera plus de 20% de la population dans les 5 ans à venir pour culminer à 70% en 2050, ils vivront seuls et dans des villes.
3. L’alliance de l’homme et de la machine pensante est inévitable. Le Big Data jouera un rôle crucial dans cette alliance
4. La distribution et l’industrie doivent assumer leurs responsabilités dans l’accroissement de l’obésité et du diabète.

Les enseignements sont les suivants :
1. Online et mobile vont poser de graves problèmes aux distributeurs et aux industriels. Les premiers doivent interroger leur modèle économique logistique pour gérer le dernier kilomètre, voir le dernier mètre que le consommateur ne veut plus faire à leur place.
De plus la fraction des consommateurs qui s’échappent vers le online est celle à pouvoir d’achat supérieur, les cadres par manque de temps et les vieux par manque de mobilité. La deuxième grande question sera donc celle de la portabilité de l’achat d’impulsion en ligne. C’est aussi un enjeu majeur pour les marques dont le marketing est fondé sur la nouveauté.
Ceci a deux conséquences, la qualité des données pour une logistique de précision, et le multimédia et le couponning pour l’animation de l’achat en ligne.
2. Le Japon est le premier pays à être confronté au vieillissement de la population. Le Président de AEON, comme celui de 7 eleven font les mêmes constats. La population âgée a besoin de proximité. Elles sont en manque d’activité sociale, et les magasins peuvent le combler en organisant des animations. Enfin elles sont de besoins de services de proximité en commençant par la commande en ligne ou au téléphone et la livraison à domicile.
3. Nous n’avons encore rien vu dans le domaine de la capacité de stockage, dans la puissance de traitement informatique et dans la miniaturisation. Par contre nous savons que le cerveau humain est fait de 30 milliards de neurones et que c’est précisément le nombre de transistors sur un circuit imprimé qui sera atteint en 2018. Ceci veut dire que le Brain Computer existera avant la fin de ce siècle (Masayoshi Son, Président fondateur de Softbank, 3ème opérateur mondial de télécommunication). En 2040, un téléphone portable pourra stocker 32 petabyte de données, soient l’équivalent de 500 milliards de chansons, 300 millions d’année de journaux, 30 000 ans de visionnage de vidéo. Le futur est donc celui de capacité de communication illimitée et de capacité de stockage illimitée. Le temps du big data est venu et avec lui celui des machines pour les rendre intelligibles et actionnables.
L’esprit humain n’est pas suffisamment rapide pour lire toutes les données disponibles, ni pour les associer entre elles. Seules les machines peuvent le faire. Ce que l’esprit humain sait faire c’est prendre une décision basée sur une analyse schématique d’un problème ou d’une situation, comme un joueur d’échec visualisant l’échiquier. Ce n’est pas vers l’Intelligence Artificielle que nous allons, mais vers l’intelligence augmentée par les machines.
Cette vision du futur conforte la nécessité de travailler sur l’utilisation des outils  pour piloter les machines (M2M), à nouveau de renforcer l’exigence de qualité et de précision dans la donnée.
4. La lutte contre l’obésité et le diabète est un enjeu non seulement de santé publique mais aussi d’économie publique. Aux états unis 1/3 de la population est obèse, en France 12% mais en chemin pour rattraper les états unis à l’horizon 2020. Les dépenses de santé d’une personne normale sont de 1000€ par an, celles d’un obèse sont de 7000€.
Danny Wegman s’est fait l’avocat de l’éducation des collaborateurs par la mise en place d’un programme de mesure de la pression sanguine et d’exercice physique. Comme la prohibition ne marche pas (Muhtar Kent Coca Cola)  il reste l’éducation et/ou les taxes.

lundi 11 février 2013

Viande de cheval, à qui la responsabilité? la traçabilité ou la qualité dans les lasagnes


L'affaire des lasagnes à la viande de cheval, supposées de bœuf, illustre le rôle respectif de la traçabilité et de la qualité, la traçabilité comme outil d’enquête, la qualité comme outil de production. Dans le cas présent elle pointe non pas les limites de la traçabilité mais celles de la qualité comme fonction de contrôle dans l'entreprise.  
La reconstitution rapide du chemin de traçabilité jusqu’au laboratoire roumain témoigne du bon fonctionnement des systèmes de traçabilité en Europe, de même que la réactivité des acteurs de la chaîne d’approvisionnement pour organiser le retrait des produits est une démonstration de procédures de traçabilité bien rôdées.
La traçabilité vise à reconstituer le chemin d'un produit ou d'un objet dans un enchaînement d'événements. Cette traçabilité sera dite amont si la recherche des traces se fait à partir du produit fini. C’est le cas dans la première phase de l'affaire des lasagnes. La viande de cheval est découverte dans les lasagnes, d'où vient-elle ? Et l'enquête aboutit en Roumanie. La traçabilité est dite avale quand l'enquêteur cherche où le produit à été envoyé, utilisé, consommé. C'est la deuxième phase de l'affaire ; si la viande de cheval a été trouvée dans Les lasagnes a-t-elle pu être  utilisée dans d’autres produits ? Le  soupçon pèse  sur d’autres produits,  les  moussakas, hachis, cannellonis, ou encore spaghettis bolognaises et c’est pourquoi leur  retrait  est organisé avec les enseignes de la distribution. La traçabilité en tant qu’outil de l’enquêteur montre là son efficacité. Elle concourt en cela à la sécurité du consommateur. Elle évite que la crise sanitaire , ce qui n’est pas le cas pour les lasagnes, ou la tromperie, dans le cas présent,  ne se propage plus avant.
La qualité en tant que fonction de l’entreprise a pour objectif de mettre en place des contrôles permettant d’assurer que les promesses d’une marque sur ses produits sont bien tenues vis-à-vis de ses clients et des consommateurs. Dans l’affaire des lasagnes, la marque n’a pas tenu sa promesse du 100% bœuf, parce que les procédures de contrôle n’ont pas été suffisantes. Ou pour le dire plus précisément dans le langage de la qualité, les points critiques n’ont pas  tous été identifiés et les contrôles appropriés mis en place. En effet le secret d’une bonne procédure qualité réside dans l’identification des étapes dans la procédure de fabrication où un risque de malfaçon peut se produire. Et dès lors d’y positionner les contrôles pour s’assurer du niveau de qualité souhaitée.
Il apparaît assez naturel que toutes les allégations nutritionnelles  figurant sur le conditionnement du produit fassent l’objet d’un contrôle avant commercialisation. C’est semble-t-il ce qui n’a pas été fait pour les lots de fabrication des produits incriminés, lasagnes, et autres. Cet épisode doit être une alerte pour tous les industriels de l’agro-alimentaire et tous les distributeurs sur le contrôle du respect des allégations obligatoires sur les produits. La directive européenne 1169/2011 fait obligation d’afficher en clair sur les sites marchand ces informations, la conformité des allégations n’engagera dès lors plus seulement le fabricant et la marque mais aussi le distributeur du produit.

dimanche 2 septembre 2012

Big Data et GS1


Big Data est un sujet avec lequel GS1, l’organisation du code à barres, a quelques familiarités. Le code à barres est un instrument de collecte de données, et dès son apparition dans les années 70, il a suscité des interrogations pour la protection de la vie privée du consommateur. Pour beaucoup ces mots, Big Data sonnent comme Big Brother, et  emportent l’imagination dans le monde de la science fiction.  Philip K Dick avec Minority Report ou Total Recall en a montré la face la plus sombre, Big Data est un instrument d’oppression même s’il échoue en final. Isaac Asimov avec le cycle « fondation »  a présenté une approche plus positive. Pour lui Big Data doit sauver la civilisation. Son personnage Hari Seldon, le mathématicien et psycho-historien a décrit les lois  gouvernant l’histoire et  la société.  L’objectif, et c’est toute la trame du cycle « fondation », est  de protéger la civilisation contre la barbarie. Pour l’un et l’autre, la fonction de Big Data est la prédiction, qu’elle soit opérationnelle, sociale, politique, peu importe. La prédiction découle de l’analyse de masse de données, de la capacité des algorithmes à en faire une lecture intelligente, et d’en tirer des décisions pour agir ou prévenir. Voilà la logique du Big Data.  
Mais ce triptyque a des points de faiblesse, l’exhaustivité et la qualité des données, la pertinence des  algorithmes de connaissance, la rapidité et la précision de l’action. GS1 s’intéresse  principalement et presque exclusivement au premier défi, qualité et exhaustivité, c’est dans ce domaine que son expérience est la plus grande. Concernant le troisième aspect, celui de l’action, la contribution de GS1 être de plus en importante. En effet, les technologies d’automatisation de collecte d’information (Code à Barres, RFID, Echange électroniques, …) sont aussi des outils d’automatisation des opérations complexes et répétitives qui constituent  le champ principal d’intervention de la robotique de demain.
La collecte de données est la fonction même du code à barres. Dès 1971 quand fournisseurs et distributeurs ont créé le groupe de travail pour développer le code que nous connaissons aujourd’hui, l’objectif était double, accélération et qualité du passage aux caisses et collecte de données de vente pour améliorer la disponibilité des produits et l’efficacité des promotions. Par la suite, le développement des échanges électroniques, des cartes de fidélité, du couponing, de la traçabilité, des catalogues électroniques ont contribué à accroître les possibilités d’accumuler des données sur la vie des produits et le comportement des consommateurs. La RFID, les serveurs d’évènements, le mobile commerce et l’internet des marchandises ouvrent des perspectives plus considérables encore d’accumulation d’information de la fourche à la fourchette, de l’étable à la table. Avec 10 milliards de transactions par jour aux caisses des magasins, la masse de données accumulées est considérable dans les historiques de vente des entreprises de produits de grande consommation.
A quoi servent toutes ces données amassées. Quatre  grands types d’applications font le quotidien des entreprises, la logistique (optimisation des approvisionnements, diminution des ruptures, ..), le merchandising (couponing, organisation des linéaires), le marketing (introduction des nouveaux produits, gestion des promotions, m-commerce) et la sécurité (traçabilité, lutte contre le vol, lutte contre la contrefaçon).
Mais pour que cela marche, il faut que les données soient fiables. C’est le principal écueil rencontré aujourd’hui. Si les données sont une mine d’or, les pépites sont encore constituées à 80% d’impureté selon les deux études les plus complètes menées en Angleterre et en Australie. Et encore ses études portent sur des données commerciales et logistiques simples, code à barres, poids, dimensions, … qu’en sera-t-il avec les images des produits, les données privées consommateurs. La qualité des données est l’enjeu majeur pour l’industrie des PGC à l’horizon 2020, aussi bien pour les magasins physiques que pour les ventes en ligne.
Et la solution peut se résumer en une expression qui résonne un peu comme l’antidote au Big Data, Open Data. Aujourd’hui l’open data est encore cantonné aux données gouvernementales ou à celles des collectivités locales, mais son avenir est d’embrasser aussi les données détenues par les entreprises et intéressant leurs clients, et en particulier les consommateurs. L’approche de GS1 est de toujours s’assurer que les informations sont collectées et contrôlées à la source et par l’autorité source. Pour les dire autrement, les données provenant d’un acteur sont collectées par l’acteur et celui-ci y a accès pour les contrôler, et cela est vrai qu’il s’agisse d’une entreprise, d’un consommateur ou d’un citoyen.
L’intelligence est le second défi, mais il semble plus facile à atteindre dans le contexte industriel et logistique en s’appuyant sur l’expérience des gens de métier. L’industrie des PGC ne manque pas d’exemples d’algorithmes de décision utilisant les données de vente croisées avec les profils de consommateur. Mais plus proche encore de GS1, les commandes assistées par ordinateur (CAO) en sont l’illustration la plus simple, mais bien qu’évidente elle encore peu répandue. Il n’est pas certain qu’elle soit utilisée dans la moitié des magasins de France. Plus sophistiquée, les outils de gestion partagée des approvisionnements sont une belle application de l’intelligence tirée du croisement entre flux des marchandises, historiques de ventes, animations des ventes, et données climatiques.
La troisième question, le passage de la prédiction à l’action est celle qui sera porteuse des plus grands bouleversements dans la vie des entreprises à l’horizon 2020. Le Big Data utilise des grandes masses données collectées à partir d’une multitude d’évènements pour décider intelligemment  sur des multitudes de flux ou de relations qui sont eux-mêmes des évènements. Pour être fiable et exhaustive la collecte est automatisée (code à barres, RFID, senseurs, transactions e-commerce, …) et les algorithmes prédisent et proposent … Pour être efficace les actions  ne peuvent être  qu’automatisées aussi. Ce sont des algorithmes qui dialoguent avec des algorithmes, des machines avec des machines. C’est bien ce qui se produit quand Twitter ou Facebook envoient un message du type « on ne vous voit plus sur le réseau » ou bien « X a peu d’amis, aider le ! », de même quand Amazon propose une sélection personnalisée de livres ou de disques.
Dans le monde physique de l’entrepôt, du magasin ou de l’usine, le big data devrait avoir les mêmes effets de « robotisation ». La production de données en provenance des clients, des fournisseurs, des logisticiens, des transporteurs, et des multiples capteurs dont les bâtiments, l’environnement, les machines, les produits seront équipés, sera telle que seuls des logiciels seront capables de prendre les décisions et d’actionner les robots pour réaliser les opérations nécessairement en temps réel.
Et ceci est d’autant plus vrai que la principale limite de la machine Big Data est qu’elle est dans l’environnement qu’elle contrôle et non pas à l’extérieure. Les actions qu’elle déclenche modifient son propre environnement et peuvent la conduire à des emballements comme ceux causés en bourse par les systèmes de trading automatiques. Un homme, encore éveillé dans le navire, devra intervenir pour déconnecter HAL. L’humain est indispensable pour insuffler de l’intelligence dans le big data et les mécanismes qu’il pilotera.
Cette possibilité constante de l’humain d’intervenir sur les données pour y apporter de la qualité, sur les algorithmes pour en contrôler l’intelligence, et sur les machines virtuelles ou physiques pour les piloter, c’est l’Open Data. Aujourd’hui l’intérêt se porte principalement sur les données et leurs collectes, à juste raison puisque sans elles il ne peut y avoir de prédiction juste. Mais le droit au contrôle des données reste encore à bâtir. La loi informatique et liberté  protège les particuliers avec le droit « d’accès », le droit de « rectification ». De nouveaux concepts apparaissent avec le  droit « à l’oubli », ou le droit « au silence des puces ». Les entreprises aussi devront être dotées de ce droit de protéger leurs données. Les premières applications d’information consommateur sur les caractéristiques des produits montrent combien les entreprises sont démunies face à l’usurpation de leurs données.
Big Data ne tiendra ses promesses de prédiction juste pour des décisions justes qu’en association avec l’Open Data à condition que cette ouverture soit offerte à tous les niveaux, la collecte, les algorithmes de prédiction et la conduite de l’action. Cette combinaison de puissance, d’intelligence et de participation reste encore à inventer.

jeudi 29 décembre 2011

Un code-à-barres pour réduire les invendus alimentaires et les déchets



Deux grands distributeurs européens ont commencé à déployer un nouveau code-à-barres en magasin, le GS1 Databar. L’objectif est d’améliorer la gestion des produits frais, de limiter les invendus et de faciliter les rappels de produits.
JMD (Jeronimo Martins Dystrybucja) le premier distributeur polonais avec 1700 points de vente a demandé à 11 de ses fournisseurs dans les rayons boucherie, volaille, boulangerie et fruits et légumes de marquer les produits préemballés avec un GS1 Databar. De son côté, Colruyt, le troisième distributeur belge avec 860 magasins a engagé le processus de migration du marquage poids variable classique en EAN13 vers le GS1 Databar avec 50 fournisseurs, dont certains français, allemands ou néerlandais.
L’avantage du GS1 Databar par rapport au code-à-barres classique est qu’il offre la possibilité d’encoder et de lire à la caisse non plus seulement le code de l’article vendu mais aussi la date limite de vente ou d'utilisation optimale, le numéro de lot de fabrication, et le prix ou le poids du produit. Cela facilite la mise en place d'opérations de déstockage des produits dont l’échéance de date limite est inférieure à 4 ou 5 jours et donc de réduire le volume des invendus. Le numéro de lots permet de traiter les rappels en magasin de façon plus automatisée avec les lecteurs portables.
JMD et Colruyt ne  sont pas les seuls à s’intéresser à ce nouveau code, Albert Heijn le premier distributeur hollandais a déjà fait des tests, Deen, toujours en Hollande, utilise le GS1 Databar sur les fleurs, Metro en Allemagne a conduit des pilotes. En France, le comité de gestion de GS1 en a fait un projet prioritaire pour l’année 2012.
L’enjeu du GS1 Databar en magasin n’est pas simplement économique, il est aussi sociétal. Les déchets alimentaires en France sont estimés à 8 millions de tonnes par an dont 10% proviennent de la distribution, ce qui est peu comparé aux 70% générés par les ménages. Néanmoins tout ce qui peut être fait pour réduire le gâchis do t l'être, quelques % d’invendus jetés en moins à la benne représentent plusieurs milliers de tonnes de produits alimentaires sauvés du gâchis.

vendredi 9 décembre 2011

La RFID, la clé de la performance opérationnelle des entreprises



A la fois code-barres électroniques et marqueurs antivol, les étiquettes RFID répondant au standard EPC (Electronic Product Code) investissent le marché de la distribution. Les promesses portées par la technologie RFID d’une plus grande visibilité - tant au niveau de la création et du suivi des produits, que de leur mise en avant en magasin - et de plus d’agilité dans la collaboration entre industriels et distributeurs sont en train de se réaliser.  Avec pour perspective d’offir au consommateur la garantie de trouver le produit qu’il cherche en linéaire.

Des données plus justes…
En fiabilisant et systématisant la capture des informations, la RFID offre au distributeur des données plus justes pour piloter plus finement son activité. Tout part du magasin. Une bonne fiabilité des données au départ remonte ensuite tout au long de la chaine d’approvisionnement.
La RFID permet d’augmenter la fréquence des inventaires puisque le gain de productivité entre un inventaire réalisé avec le code à barres et un inventaire réalisé à l’aide de la RFID est de l’ordre de 6000%. En d’autres termes, il faut 60 fois moins de temps pour réaliser un inventaire avec de la RFID par rapport au code à barres (12000 articles à l’heure lus avec la RFID versus 200 avec le code à barres). Ainsi chez Serge Blanco, 10 personnes étaient à l’œuvre pour recevoir 20000 articles avec le code à barres. Avec la RFID, elles sont deux et elles réceptionnent 35000 articles. Ce qui permet de redéployer les huit autres à la relation client.
Dans le même temps, elle permet d’augmenter la fiabilité des inventaires réalisés. Ainsi Dillard’s et Bloomingdale ont gagné 96% du temps nécessaire pour réaliser un inventaire tout en augmentant la fiabilité de cet inventaire de 17 à 27%. Aux Etats-unis, les déploiements des étiquettes EPC ont fait croitre le taux de fiabilité des inventaires à 95% contre un taux préalable moyen de 65%.

… pour répondre à une problématique business : la rupture de stock
La principale difficulté opérationnelle en magasin reste la rupture de stock. Estimée à 10% en moyenne dans la distribution, elle engendrerait jusqu’à 6,6% de perte de chiffre d’affaires (source ECR France). Aux Etats-unis, le taux moyen de rupture est estimé à 8% et les pertes de ventes associées à 3,2% pour les distributeurs et 2,8% pour les industriels. Par ailleurs, 41% des ventes perdues pour cause de ruptures de stocks sont liées à un inventaire erroné. Autres  chiffres proposés par Checkpoint : 15 % des manquants sont en réserve et 18% des articles réassortis sont soldés. Or, la RFID en améliorant la fiabilité et la fréquence des inventaires améliore la fiabilité des données de stocks. Cette dernière est clé car des stocks surévalués dans le système d’information résultent en rupture et des stocks sous-évalués amènent à opérer des réductions de prix pour écouler les stocks obsolètes. Mais c’est combinée à la connaissance des emplacements de chaque produit qu’elle permet de diminuer les ruptures et de garantir la disponibilité des produits en linéaire. Ce qui permet d’éviter les situations de NOSBOS (not on shelf but on stock).  Ainsi la baisse des ruptures en point de vente liée à l’utilisation de la RFID est estimée entre 20 et 50% alors que dans le même temps la RFID impacte aussi favorablement le niveau de stocks. American Apparel fait ainsi état d’une diminution de 15 % de ses niveaux de stocks. Checkpoint mentionne un gain de temps de 18% pour localiser un produit sur la surface de vente.

Avec pour conséquence une augmentation du chiffre d’affaires :
Pour Cléor, enseigne spécialisée dans la distribution de bijoux, la mise en place de la RFID au niveau de l’article, a eu pour conséquence une augmentation du chiffre d’affaires de 18%.  Aux Etats-unis, les hausses du CA liées à la mise en œuvre de la RFID oscillent entre 2 et 20 %.

D’autres domaines de rentabilité existent
Si le business model repose principalement sur une meilleure fiabilité des données de stocks, d’autres domaines de rentabilité sont à signaler.
Les étiquettes EPC permettent d’étendre le contrôle réception à tous les articles entrants tout en diminuant les ressources humaines utilisées à ces tâches. Ainsi pour Cléor, la RFID a permis de fiabiliser la réception et l’expédition des marchandises et de diminuer les erreurs de préparation en entrepôt. Ce meilleur contrôle logistique s’est répercuté au niveau du magasin où la gestion des réceptions s’est fluidifiée.
Par ailleurs, les étiquettes EPC couvrent la fonction de protection électronique des produits avec un niveau de fiabilité technique égale aux solutions EAS dédiées. En tant que tel, ce recouvrement fonctionnel permet la suppression de l’étiquette EAS, ce qui constitue un facilitateur de ROI. Les étiquettes EPC présentent aussi des perspectives de réduction de la démarque : de par la sécurisation du processus d’encaissement, de par la sécurisation des zones logistiques, mais aussi, du fait que leur mise en œuvre se traduise par l’augmentation de la proportion des produits protégés.

La mode et l’habillement est le premier secteur à basculer 
La croissance des étiquettes EPC est largement portée par le secteur de la mode/habillement où le volume de consommation atteint 1,5 milliard d’unités en 2011. Ce secteur s’appuie sur un modèle économique attractif qui cumule rentabilité à court-terme et avantages compétitifs structurels.
Les produits de la mode et de l’habillement  cumulent un certain nombre de caractéristiques qui rendent pertinente l’utilisation des étiquettes EPC. Ce sont des produits pour lesquels la rupture est invisible. L’identification des ruptures est particulièrement difficile du fait de leur gestion à un niveau taille / modèle/coloris. La constatation de la rupture par un simple contrôle visuel est généralement impossible car c’est une taille dans une couleur qui va être en rupture et non une référence complète. Ce sont par ailleurs des produits pour lesquels la prédestination est forte. Ces produits ne sont pas facilement substituables (marque, taille, couleur, modèle etc). Leur prix de vente et les marges pratiquées permettent de supporter le surcoût de marquage aux environ de 0,1€ par article. Ce sont des produits que la saisonnalité rend vite obsolètes donc pour lesquels la démarque commerciale est un enjeu. Et enfin des produits ciblés par le vol.
Les distributeurs américains ont privilégié une approche qui repose deux principaux piliers : le contrôle des livraisons entrepôt et l’ajustement du montant des factures d’une part, le contrôle des stocks magasin et leur conséquence sur le chiffre d’affaire des points de vente d’autre part.

Les paybacks sur le marché américain, animé par Wal-Mart, JC Penney et Macy’s, sont estimés dans une fourchette de 9 à 18 mois selon les cas de figure.
D’autres filières présentent des caractéristiques comparables, comme celles du bricolage, du sport et de la culture. Elles aussi pourraient adopter un modèle d’usage similaire mais n’affichent pour l’heure pas le même dynamisme.
Avec le contrôle des stocks magasin, le contrôle des flux logistiques ainsi que la suppression des étiquettes antivol spécifiques, l’EPC propose trois domaines de rentabilité complémentaires dont on observe qu’il n’est nullement impératif de les cumuler pour obtenir un ROI attractif dans le secteur de la mode et de l’habillement. Ces déploiements entrent ainsi dans un cadre tout à fait conventionnel au regard des critères d’éligibilité des projets d’investissements. Ils ouvrent aussi la voie à l’innovation dans le domaine de la relation client.

Les bénéfices de la RFID ne se limitent pas au distributeur : le business case pour les industriels
Pour qu’ils soient pleinement opérationnels, les bénéfices de la RFID doivent remonter tout le long de la chaine d’approvisionnement. Le business case pour les industriel se situe au niveau de l’entrepôt et réside dans l’optimisation des  entrées et sortie et la validation du processus de picking. La RFID permet d’augmenter la fiabilité des inventaires et de la préparation de commande en entrepôt tout en diminuant les ressources nécessaires pour y arriver.  La principale difficulté pour l’industriel est le temps nécessaire à un déploiement à grande échelle sur tous ses produits. C’est plus facile pour les plus petits.

dimanche 19 juin 2011

Global Summit 2011 du TCGF, vers un capitalisme responsable et technologique

Barcelone, le 18 juin 2011
Le Global Summit, organisé du TCGF (the Consumer Good Forum) avait pour thème « Better Lives through Better Business » ce qui traduit bien un des sujets majeurs des conférences, la responsabilité sociale des multinationales des produits de grande consommation et des distributeurs. Mais plus encore que cette volonté des entreprises d'agir et de conduire leurs affaires en suivant une certaine éthique, le thème de la conférence est l'adaptation à la révolution de l'internet comme nouveau canal de ventes, mais aussi et de surtout de diffusion d'avis et d'opinion sur les produits et les marques.
En introduction du sommet, Lars Olofsson, CEO de Carrefour, a annoncé trois nouvelles résolutions adoptées par le Consumer Goods Forum sur le thème « Santé et Bien-être du consommateur ». La première est la promesse de mettre sur le marché des produits plus sains, la seconde est la volonté de mettre à disposition du consommateur des outils d'information et enfin la troisième est de développer des programmes d'éducation. Ces résolutions s'ajoutent aux engagements sur le zéro déforestation à l'échéance de 2020 et l'arrêt d'émission de HFC en 2015.
Certaines voix comme celle de Guido Barilla, président du groupe Barilla, se sont exprimées pour regretter le manque d'ambition des résolutions, et en particulier sur la première, l'absence d'engagement chiffré sur le nombre de référence en produits « plus sains ».
Guido Barilla a insisté sur la simplicité du message à faire passer au consommateur, « eat less » pour faire face à la plus grande menace des temps présents, le diabète, la maladie qui progresse le plus vite dans le monde aujourd'hui, et qui peut mettre en péril tous les systèmes de santé du monde.
En écho à Barilla, Franck Riboud, Président de Danone, a montré que la responsabilité sociale de l'entreprise devait s'inscrire dans une démarche cohérent au sein de l'entreprise. Si les objectifs citoyens sont aussi important que les objectifs économiques, alors les bonus des cadres dirigeants doivent en tenir compte. Et c'est ainsi que chez Danone les bonus font une reconnaissance à part égale de l'economique, du management et du RSE.
Sur la deuxième résolution concernant la mise à disposition de moyens pour informer le consommateur, Dick Boer, CEO de Royal Ahold, a clairement fait référence à GS1 comme étant l'organisation capable d'organiser cette circulation d'information vers le consommateur.
Dans le domaine de l'adoption et de l'utilisation des technologies, il a été rappelé par Peter Hinssen, auteur du livre New Normal, que les entreprises ont pris un retard considérable par rapport au consommateur dans l'utilisation des technologies. « Qu'est que le travail pour une personne de 25 ans aujourd'hui, demande Peter Hinssen, le court moment de la journée pendant lequel on utilise de vieilles technologies ». Deux règles dans cette époque technologique pour satisfaire le consommateur, « no failure » et « good enough ». La solution ne doit jamais être indisponible mais le service n'a pas besoin d'être parfait, il doit être suffisant, comme wikipédia (toujours disponible mais pas l'encyclopédie parfaite).
Hans Eysink Smeets, Président de Eysink Smeets  dit la même chose quand il pointe du doigt la progression fulgurante des « information retailers »  qui en faisant appel de façon intensive aux technologies de l'information ont été capable de briser le vieux principe de Porter de « l'avenue des compromis entre prix et valeur » pour offrir au consommateur, le plus souvent sur internet (Amazon, voyagiste, …), mais pas toujours (H&M, ZARA, IKEA, …) un espace où le consommateur n'a plus besoin de faire  de compromis entre valeur et prix. Cette révolution de l'information est aussi valable pour les fabricants. Hans Eysink Smeets ébaucha la description de nouveaux acteurs de la logistique capable de transformer la distribution des produits.
Cette révolution de l'information frappera d'autant plus les acteurs que leurs produits ou services contiennent une part importante d'information. Hans illustra son propos avec la disparition presque totale des pornoshop sur le chemin de la gare à son bureau à Amsterdam. Mais la révolution de l’information dans le domaine de la distribution est souterraine, et terriblement radicale. Elle se produit de façon insoupçonnée dans un segment de marché et tout d’un coup elle apparaît au grand jour et c’est trop tard, impossible d’y échapper.
Pour conclure, Klaus Dohle, CEO de Dohle Handelsgruppe Holding, fit part de la volonté du TCGF de recruter de nouveaux membres au sein du Conseil, sans doute pour répondre aux défis de l'information retailing autant que de la responsabilité des entreprises des biens de consommation vis de la société et des citoyens-consommateurs. 

lundi 13 juin 2011

Limiter les conséquences des crises alimentaires avec le code à barres

Le principal enseignement de la crise E Coli O104-H4 est l’impuissance des acteurs de la chaîne d’approvisionnement des fruits et légumes à contenir la vague de panique qui s’est emparée des consommateurs européens. L’éclatement de la chaîne en de multiple maillons, la complexité qui en résulte, la petite taille des acteurs qu’ils soient producteurs, grossistes, détaillants sont des explications. L’absence de figure médiatique qui se lève pour défendre la profession, comme l’ont fait des patrons de grandes marques ou des grands distributeurs pour défendre leurs entreprises marque ou son enseigne, est certainement un handicap.
Cependant la filière des fruits et légumes se serait elle manifestée pour protester contre les accusations infondées qui lui était adressée, aurait elle pu pour autant rassurer les consommateurs? Isoler les produits porteurs de risques sanitaires nécessite d’avoir mis en place la traçabilité des marchandises chez tous les acteurs et entre tous les acteurs. Or il semble bien que c’est ce qui fait défaut dans la crise de Hambourg. Un des experts, Xavier Well, chef de l’unité de bactéries pathogènes entériques de l’institut Pasteur résume bien cette faiblesse, « la traçabilité des végétaux est extrêmement complexe. Les végétaux, eux, n’ont pas de codes à barres. Et pour cause, ils n’ont jusqu’à présent jamais posé de problème de ce genre (…). »
La traçabilité est effectivement la solution pour limiter la propagation d'une crise mais aussi pour en prévenir l’une des conséquences, la panique des consommateurs. La traçabilité commence par l'identification du producteur et du produit. Cette identification doit être systématiquement complétée par le marquage en code à barres du produit. Ce marquage doit rester présent et visible sur le produit ou son conditionnement jusqu'à sa consommation. Il permettra à toutes les étapes de la chaîne d'approvisionnement de retrouver son origine, mais il permettra aussi à chacune des étapes d'enregistrer automatiquement le passage, l'entrée et la sortie du produit.
Ce marquage a de nombreux avantages. Il permet à chaque producteur d'être reconnu tout au long de la chaîne et d'être différencié de ses concurrents. Il permet aux consommateurs de reconnaître s'il le souhaite le produit et sa provenance en utilisant iGEPIR ou CodeOnLine (mis à disposition par GS1) sur son téléphone portable. Et il permet, en cas de crise, aux autorités d'ordonner le rappel des produits incriminés, et d'éviter ainsi, par des retraits ciblés, la propagation du boycott à tous les  produits similaires.
Il est temps que les fruits et légumes soient traitées avec autant d’attention que les autres produits de consommation qu’ils soient frais ou transformés. Et que chaque producteur soit reconnu pour ce qu’il est, un acteur essentiel qui peut faire valoir son savoir faire tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Et cela commence avec l’apposition d’un code à barres GS1 permettant au producteur d’identifier sa production pour une traçabilité de la fourche à la fourchette.

vendredi 25 février 2011

les enseignes américaines déploient EPC rfid dans l'habillement


Wal*Mart, JC Penney, Dillard’s, Macy’s, American Apparel, GAP sont quelques unes de la quinzaine des enseignes américaines qui se sont rassemblées au sein de GS1 US pour définir ensemble les conditions de déploiement de EPC rfid dans le secteur de l’habillement.
Assurer la convergence des demandes
L’objectif de l’initiative est de prévenir toute divergence dans les demandes de marquage des distributeurs vis-à-vis des fournisseurs.
Leurs travaux portent sur :
- Le cahier des charges de marquage des articles
- La définition d’un guide de mise en œuvre
- L’identification des business cases les plus rentables pour les fournisseurs dans la continuité des travaux menés par l’université d’Arkansas, comme l’accusé de réception électronique, le contrôle qualité, …
Le cahier des charges prévoit que l’inlay (puce et antenne) soit intégré dans l’étiquette de prix existante. Une liste d’inlays conformes aux spécifications EPC et aux besoins de la profession a été définie.
Un retour sur investissement inférieur à 18 mois
Le retour sur investissement des projets de marquage EPC rfid des articles à l’unité consommateur est de 6 à 9 mois pour les grands magasins, et de 12 à 18 mois pour les distributeurs intégrés. Cette différence serait du à la prise en charge ou non de la pose de l’étiquette par les distributeurs.
Parmi les pilotes réalisés, le moins concluant a démontré une augmentation du chiffre d’affaire de 2,6%.
Les déploiements en cours
Après Wal*Mart, c’est JC Penney qui déploie la rfid sur l’habillement en sélectionnant les mêmes catégories de produit que son devancier (jeans et Basics), et ce, sur 1100 magasins. Par rapport aux mandats lancés dans les années 2006-07, l’approche n’est plus 100% de tous les articles du magasin, mais 100% de certaines catégories de produit afin d’obtenir plus rapidement une couverture 100% par univers de consommation.
Il ne s’agit donc plus de déployer d’abord avec les plus gros fournisseurs mais d’adresser la demande à tous les acteurs d’une catégorie quelque soit leur taille.
Informer le consommateur
Une information et une sensibilisation importante du consommateur a été faite, dans un esprit de totale transparence. Wal*Mart affiche un logo EPC sur la devanture de ses magasins pour informer les consommateurs, ainsi que sur chaque produit étiqueté. Pour l’instant aucune plainte de consommateur n’a été enregistrée.
La question est maintenant, après l’habillement quel sera la prochaine catégorie.

vendredi 21 janvier 2011

The mobile Savvy-shopper report : Qualité des données dans les applettes d’information consommateur sur téléphones mobiles

Seulement 9% d’exactitude sur les données produits pour les applettes indépendantes d’information consommateur sur téléphones intelligents contre 100%  pour celles propriétaires des enseignes, voilà en résumé le résultat de l’étude menée par GS1 UK et Cranfield School of Management.
Le marché des téléphones intelligents est en pleine explosion, 1 consommateur sur 3 en est équipé en ce début 2011. Cette croissance va de pair avec celle des applettes mobiles sur iPhone, sur Androïd, sur Windows Mobil, sur Symbian et sur les autres plateformes de smart phone. Plus de 3 milliards d’applettes ont été téléchargées sur iPhone App Store, et il y a un engouement particulier pour les outils destinés au consommateur pour l’aider à acheter mieux ou de façon plus informée.
La recherche commanditée par GS1 UK avait pour objectif de déterminer le niveau qualité des informations diffusées au consommateur et d’identifier des pistes de solutions pour amélioration. L’étude s’est limitée aux applettes indépendantes, c'est-à-dire celles proposées par les fournisseurs de solutions mobiles et ayant vocation à donner de l’information sur toutes les marques et sur toutes les enseignes.
Une analyse préalable faite par GS1 UK sur des applettes proposées par des enseignes sur leur propre référencement  a montré une exactitude de 100% sur 375 articles. Les données étaient obtenues directement auprès des marques. Cette qualité a justifié leur exclusion du champ de la recherche.
Les chercheurs de Cranfield School of Management ont travaillé sur 375 produits d’épicerie et ont utilisé 3 applettes indépendantes. Ils ont comparé les données affichées sur les téléphones intelligents avec celles des marques. Sur un total de 1125 scan, seulement 9% ont donné la bonne description produit. Cette déplorable qualité vient de la méthode utilisée pour collecter les données. Celles-ci sont obtenues en naviguant sur les sites web marchands et en grappillant les images et les descriptions.
Un nombre impressionnant ,75%, de scans a échoué. Et quand une information a été affichée, elle était fausse 1 fois sur 5.
Le manque d’information exacte et fiable a un fort impact sur le consommateur. 50% d’entre eux affirment qu’ils ont besoin d’une description exacte et de l’image pour être sure que c’est bien le bon produit. Et 34% disent ne pas vouloir acheter le produit s’ils n’ont pas confiance dans les données. Cependant seulement 1 sur 4 des consommateurs disent qu’ils arrêteront d’utiliser l’applette s’ils ne trouvent les données espérées.  
Si l’utilisateur d’un téléphone intelligent montre encore de l’indulgence pour les développeurs d’outils, il est certainement grand temps de trouver des solutions pour augmenter la disponibilité et la qualité des données. C’est l’objet des travaux menés aussi bien au Royaume Uni (True Source) qu’en France (Proxi-Produit) pour mettre en place des outils fiables de diffusion de données produits s'appuyant sur les standards GS1, et en particulier la GDSN (Global Data Synchronisation Network). Cette inscription des données destinées au consommateur dans un flux professionnel permettra d'assurer leur validation par les marques.

Améliorer les performances et la compétitivité des entreprises grâce à l’utilisation des standards GS1

Chaque année TCGF (The Consumer Goods forum) demande à ces membres, fournisseurs et distributeurs,  et à ces partenaires de participer à une étude comparative de mise en œuvre des standards GS1 et des bénéfices qui en découlent.
Cette année 5280 entreprises de 50 pays ont répondu à l’enquête. C’est IBM Global Business Service qui a conduit l’analyse des réponses. L’objectif est d’observer la relation entre l’usage des standards GS1 et des technologies, et les performances des entreprises.
Le premier constat est qu’il y a une tendance forte parmi les acteurs des produits de grande consommation à intensifier leur pratique des standards, aussi bien chez les fournisseurs que chez les distributeurs et ceci au niveau mondial. A titre d’exemple, le marquage des palettes avec un numéro unique sériel des unités logistiques (SSCC) a augmenté de 36% chez les fournisseurs pour atteindre 67,2% des palettes marquées, et a progressé de 45% chez les distributeurs à 71,6% du total des palettes. De même la commande et la facture EDI atteignent respectivement 75,8% et 78,6% des transactions.
L’analyse monte que l’impact des standards est considérable dans les coûts de distribution. Les entreprises ayant mis en œuvre plus de 6 standards parmi les 10 listés dans l’étude,  et avec un niveau d’utilisation couvrant plus de 51% de leur activité, enregistrent un coût de distribution moindre de 41% par rapport à celles moins avancées dans l’utilisation des standards GS1. Les coûts de distribution sont de 6,5% pour les leaders contre 11,4% pour les autres.
Le taux de rupture en magasin est beaucoup plus bas (3,8%) chez les entreprises qui ont mis en place le marquage et la lecture du SSCC (code unique sériel des unités logistiques) et utilisent l’EDI pour les commandes, que chez celles qui ne le font pas (taux de rupture de 7,8%). Soit un écart de 52% entre les unes et les autres.
Les standards GS1 et les technologies qui les mettent en œuvre ont donc un impact considérable sur la satisfaction et de fidélisation du consommateur, sur le chiffre d’affaire et la profitabilité des entreprises.

samedi 11 décembre 2010

inventaire permanent et visibilité font décoller le marquage unitaire RFID


Un article passionnant de l'édition de novembre de la revue STORES.ORG confirme l'adoption de la RFID (GS1 EPC) par la distribution nord américaine. Qu'ils s'agissent de la distribution généraliste, Wal*Mart, ou des grands magasins, Dillard's, J-C Penney, ou encore des chaînes intégrées de la mode comme American Apparel, Banana Republic, toute la distribution américaine a clairement fait du marquage unitaire RFID la technologie clé pour affûter le fil de la compétition des 10 prochaines années.
Qu'est ce qui a changé pour que cette technologie qui apparaissait compliquée et chère il y a cinq ans devienne maintenant le nerf de la guerre?
En premier lieu, elle est apparue comme la seule technologie permettant d'atteindre un niveau presque absolu de fiabilité dans les inventaires et ceci de façon permanente. American Apparel avec 100% des articles marqués atteint 99% de fiabilité dans la connaissance de ses stocks. Or, connaître ses stocks le long de la chaîne jusqu'au rayon c'est la possibilité de prendre les bonnes décisions en matière d'approvisionnement et de démarque si nécessaire, et surtout d'offrir au client le bon modèle, dans le bon coloris et la bonne taille quand il le désire.
En deuxième lieu, le travail de standardisation fait par GS1 a permis de simplifier l'accès à la technologie en établissant une référence unique d'étiquette standard et en ouvrant la possibilité d'un marquage à la source par les fabricants.
Et enfin Wal*Mart a montré en étiquetant aussi bien les jeans que les chaussettes ou les sous vêtements que la technologie était compatible avec des produits à moins de $5.
L'article, écrit par Susan Reda, conclut assez justement sur un rapprochement avec l'autre technologie qui va révolutionner le commerce, le téléphone mobile, en prédisant que cette visibilité sur les stocks sera d'autant plus importante que le consommateur aura au creux de sa main la possibilité de savoir quel est le magasin le plus proche où l'article est effectivement disponible.

mercredi 24 novembre 2010

"Fail, fail again, fail better" S. Becket inspire les distributeurs

Lors de la conférence marketing organisée par The Consumer Good Forum (TCGF) à Lisbonne les 3 et 4 novembre, les témoignages de Waitrose (Mark Price) et de Jeronimo Martins (Eduardo Cid Carreira) étaient particulièrement concordants. Il existe une voie à suivre pour les distributeurs en difficulté.  L’un et l’autre ont décrit une stratégie de reconquête de leur marché basée sur trois axes :
-          - Ramener le prix des produits des grandes marques au niveau de ceux pratiqués par le leader du marché (Tesco pour l’un, Lidl pour l’autre).
-          - Développer une marque distributeur inattaquable sur le plan de la qualité, tout en la rendant abordable financièrement pour tous (Essential de Waitrose avec le slogan « the quality you would expect at prices you wouldn’t », Pingo doce de Jeronimo avec le slogan « sabe bem, pagar tao pouco »). L’objectif étant de faire de la marque distributeur une marque à part entière.
-         -  Etre local en fabricant dans le pays, se fournissant dans le pays et en revendiquant des valeurs nationales comme Waitrose s’alliant à Duchy Original la marque du prince Charles.
La recette est donc simple prix, qualité, valeurs. Elle permet de regagner le cœur du client local.Mais elle prend du temps.
En effet, l'autre enseignement de ces deux jours de marketing est celui de la durée. Aussi bien Waitrose que Jeronimo Martins n’ont trouvé la recette du succès que sur la durée. Leur démarche a été conduite avec constance sur 7-8 ans avec un principe mainte fois répété, inspiré de Becket : « Fail, fail again, fail better ».

dimanche 24 octobre 2010

l'affichage de l'information environnementale, simple mais pas simpliciste


le 21 Octobre 2010 conférence ANIA, FCD  ADEME, sur l’affichage environnementale.

Dans le cadre du Grenelle 2, l'Ania (Association nationale des industries alimentaires), la FCD (Fédération des entreprises du commerce et de la distribution) et l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) ont mené une expérimentation sur la « faisabilité de l’évaluation environnementale ». Elle portait sur 300 références de produits, dont 150 alimentaires. Elle était fondée sur une analyse multicritères prenant en compte l'intégralité du cycle de vie d'un produit. Elle a été réalisée par un consortium d'experts (Bio Intelligence Service, RDC Environnement et Interek, spécialistes des analyses de cycles de vie de produits et des études dans le domaine de l'information environnement et santé).
Les résultats mettent en exergue plusieurs difficultés, et en particulier,
- l'insuffisance des bases de données disponibles,
- l'imprécision de la méthode utilisée, ne permettant pas toujours de distinguer les produits au sein d'une même catégorie,
- la difficulté à obtenir certaines informations liées au transport et à la fabrication, notamment lorsque le produit est conçu à l'étranger.
De cette expérimentation il résulte les décisions suivantes :
- la création d'une base de données publique sur des indicateurs pertinents (émissions de gaz à effet de serre, qualité de l'eau...) financée par les pouvoirs publics,
- le développement de méthodes d'évaluation commune et harmonisée, applicable aux secteurs concernés.

Ces éléments pourront être utilisés, comme le prévoit la Loi Grenelle 2, à partir du 1er juillet 2011, par les entreprises agroalimentaires et les enseignes de distribution pour poursuivre leurs expérimentations sur l’information environnementale des produits à l’usage des consommateurs.

Ces annonces ont été suivies de débats avec des représentants des consommateurs (Thierry Saniez Délégué général de la CLCV), des distributeurs (Pierre-Alexandre Teulié, Secrétaire général de Carrefour), des fournisseurs (Jean-Bernard Bonduelle de Bonduelle, Myriam Cohen Directrice Générale Nature de Danone), des régulateurs (Nathalie Homobono Directrice générale de la DGCCRF, Catherine Larrieu Chef de la Délégation au développement durable du Commissariat Général au développement durable, Philippe Van de Maele Président de l’ADEME),  et du législateur (Christian Jacob, Député, Président de la commission développement durable de l’Assemblée Nationale). Puis d’une intervention de Chantal Jouanno, Secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie.
Le représentant des consommateurs a manqué un peu de convictions dans l’expression de la demande d’un affichage environnemental. C’est sans doute pourquoi il a beaucoup insisté sur la nécessité d’une « communication très forte » sur cette information lorsqu’elle sera mise en place. Est-ce à dire que le grand public, les consommateurs, restent à convaincre sur l’importance de prendre en compte l’impact environnemental de leur consommation ? M. Teulié s’est fait l’écho d’un souhait de simplicité de l’affichage tout en réclamant une approche globale (eau, terre, carbone, bio diversité, …). Ce qui apparaît contradictoire et ne va pas simplifier la tâche des professionnels.

Les représentants des fournisseurs (Danone et Bonduelle) ont clairement exprimé leurs inquiétudes sur les risques de distorsion de concurrence qui pourrait résulter d’une approche trop simpliste. Tout en soulignant également qu’une approche multi critères coutera nécessairement plus chère, et que de bien entendu, selon les sondages d’opinion, le consommateur n’est pas prêt à payer pour cette information.  
Et de citer l’exemple du lait dont l’empreinte carbone varie de 1 kilo de CO² au litre à 7 kCO² en fonction de la méthode et du lieu de production. Faut-il inciter le consommateur à ne plus consommer de fromage de Salers ? M. Bonduelle a donné quelques chiffres sur la répartition de l’empreinte environnementale de ses produits, 18% provient de l’agriculture, 17% du processus industriel, 25% du transport, et 40% de l’emballage. Il a aussi souligné des écarts très importants trouvés lors de l’expérimentation entre des produits similaires, allant de 12 à 30% dans l’émission de CO².
La démarche sera donc difficile et longue avant d’aboutir à une méthode commune, mais il s’accorde pour soutenir la constitution de la base de données commune en particulier sur l’aspect agricole.
Pour la distribution Carrefour a repris la position très prudente de Jérome Bédier lors de son intervention inaugurale émettant des réserves sur l’efficacité d’un affichage direct sur le produit. La tâche sera complexe pour les fabricants mais elle sera titanesque pour les distributeurs qui ont à veiller à l’affichage, non pas  de quelques centaines de produits mais de centaines de milliers.
D’autre part les compositions de certains produits sont des recettes confidentielles, comment dans ces conditions évaluer l’empreinte d’une boisson gazeuse bien connue ou d’une pâte à tartiner non moins renommée.
La démarche ne sera un succès que si les PME et TPE peuvent la mettre en œuvre, et pour cela la base de données gratuite des empreintes par catégorie de produit est indispensable.
Les industriels et les distributeurs s’accordent aussi pour demander que l’approche soit globale au sens des marchés. La France ne peut avoir une position isolée. Elle ne peut pas pénaliser son industrie par une régulation trop forte et franco-française et ce serait une démarche inapplicable.
Le rôle du consommateur est essentiel, rappelle Carrefour,  une grande partie de l’impact environnemental des marchandises se produit après l’acte d’achat et est fortement influencée par le comportement du consommateur. Un affichage uniquement sur le conditionnement ne sera pas suffisant et il sera dans tous les cas réducteur. Il faudra de l’information en ligne pour traduire la complexité du sujet, mais aussi participer à l’éducation du citoyen et répondre aux demandes complémentaires des populations sensibilisées et plus concernées.
Le législateur, Christian Jacob, se fait le représentant des agriculteurs mais aussi des acteurs économiques, en déclarant que « la nature c’est important mais que les hommes et les femmes le sont plus ». Et que dès lors il faut garder présent à l’esprit l’économique et le social et c’est pourquoi l’approche multicritères doit être privilégiée. Et c’est aussi pourquoi le Grenelle 2 à substituer l’obligation d’affichage environnementale au 1er janvier 2011 du Grenelle 1, une période d’expérimentation. Et à l’issu de cette expérimentation le projet reviendra devant le parlement pour une discussion nouvelle concernant cette affichage, et pour décider ou non s’il sera inscrit dans la loi.
Les représentants des régulateurs expriment tous leur implication dans la défense d’une approche globale multi critères ; carbone, eau, terre, biodiversité, origine, recyclabilité, etc.… Mais de leurs propos transpirent le constat de l’isolement de la France dans cette approche. Et cette crainte est partagée par tous, y compris par Chantal Jouanno qui conclura son intervention en insistant sur la nécessité d’une démarche de standardisation et d’une implication forte de la France dans le concert international s’appuyant sur une stratégie d’alliance.
Le Président de l’ADEME le dira dans la séance de questions réponses, « c’est vrai que si nous n’y prenons pas garde, l’empreinte carbone s’imposera comme seul affichage ». N’est ce pas déjà reconnaître qu’il est un peu tard ?

mercredi 29 septembre 2010

Le président de Wal-Mart confirme que la stratégie EPC RFID marche


Bill Simon, président et CEO de Wal-Mart Stores, s’exprimait le 15 septembre 2010 à New-York devant des analystes financiers et il en a profité pour dire quelques mots sur l’utilisation des étiquettes EPC RFID dans ses magasins.
En parlant de ce que son entreprise a réalisé de mieux, Bill Simon dit : « notre rigueur d’exécution et notre gestion des stocks sont excellentes et continueront à l’être, nous allons nous concentrer sur l’amélioration des processus et des standards de pilotage opérationnels. En fait, beaucoup d’entre vous connaissent notre programme Electronic Product Code (EPC) qui est déployé dans 3000 magasins dans les rayons d’habillement masculin. Ce sont de petites étiquettes radiofréquences qui sont attachées aux vêtements et nous permettent, instantanément d’un clic ou d’un scan, de faire l’inventaire d’une réserve ou d’un rayon au niveau des modèles, tailles et coloris. Cette technologie nous permet de réduire une opération de comptage et de réapprovisionnement des jeans et des pantalons hommes, par exemple, d’une journée à une heure. Cela nous permet d’avoir une présence du stock en rayon plus efficace, plus productive, de mieux de répondre à la demande et de mieux servir nos clients.
Un peu plus tard, Bill Simon dira : «  Pour être clair, il a été beaucoup écrit et dit, et plutôt que de nous retourner sur le passé, nous allons de l’avant et nous construisons sur ce qui marche. Nous avons appris beaucoup. Et comme je dis souvent, nous sommes une organisation apprenante. A Wal-Mart, nous avons beaucoup, beaucoup d’années d’histoire de pratiques et de principes sur lesquels nous pouvons nous appuyer pour bâtir notre succès, et nous le faisons avec constance ».
Il n’est pas certain que Bill Simon se référait ainsi aux hésitations qu’a connues le lancement de la RFID chez Wal-Mart, mais dans tous les cas c’est réjouissant de voir une entreprise de distribution qui continue à innover dans l’usage des technologies, et qui a une compréhension aussi forte de l’apport des technologies dans l’excellence opérationnelle.

mercredi 1 septembre 2010

Université d'été de GS1

L’université d’été de GS1 France a eu lieu au Collège des Bernardins, vendredi 27 Aout. 200 personnes ont participé au débat sur le thème du « Multi-canal sans couture ». Tous les intervenants se sont accordés pour confirmer que le distributeur d’aujourd’hui ne peut pas échapper à une diversification de ses canaux, magasin, téléphone, web, et smartphone. La mobilité est l’avenir de la distribution, et le téléphone portable son instrument.
L’hypermarché a été inventé il y a cinquante ans pendant les « trente glorieuses », il est le fruit d’une société de production et de consommation de masse dans laquelle la technologie triomphante est celle de l’automobile et où l’espèce humaine exploite les ressources illimitées de la planète. Le début du 21ème siècle est celui de la société cognitive. Le smartphone en est le symbole technologique. L’espèce humaine a pris conscience de la finitude des ressources naturelles.  Un nouveau type de consommation est en train de voir le jour, et la distribution qui lui correspond est en train d’émerger. Il est difficile d’en cerner parfaitement les contours, mais elle sera multiple.
Elle sera ATAWAD - Any Time, Any Where, Any Device – (Philippe Lemoine - Laser), et elle sera massivement consommatrice de données et de ressources informatiques (Jean-Christophe Hermann – Carrefour) pour trier, isoler, définir des scénarios pour chaque client. C’est la distribution de précision (Philippe Moati - Credoc). Elle devra faire face au défit de l’intelligence du client (Jean-Philippe Marazzani – Darty) qui prépare déjà longuement ses achats importants en consultant des sites, en interrogeant ses réseaux sociaux, et disposera demain d’une capacité illimitée d’information.
La distribution sera modulaire (Philippe Moati). C’est la seule solution pour répondre au défi du Multicanal et de l’ATAWAD. Les systèmes d’information devront aussi s’adapter à cette modularité et s’appuyer plus que jamais sur les standards de communication et d’intégration comme ceux de GS1.
Mais les fondamentaux resteront les mêmes (Pingky Houang – Pixmania) le trafic et le prix. Quelque soit le canal physique ou virtuel le succès repose sur la capacité
-          A générer du trafic, que ce soit par l’emplacement ou les moteurs de recherche, les comparateurs de prix, …
-          A analyser et comprendre les comportements
-          A offrir le meilleur prix dans un contexte de distribution donné.
Les possibilités techniques sont encore largement sous exploitées aussi bien dans l’accompagnement du client sur les sites de ventes en ligne (Hermann). Les avatars, les outils de ré-humanisation comme les clic2call, clic2chat ou clic2meet sont trop rarement mis en œuvre. De même pour l’animation et la promotion, l’image et  la vidéo (Géraud de Chanterac – Orange) ne sont pas exploitées autant qu'elles le devraient.
Quel sera donc ce magasin de demain ? On y entrera par ou avec son smartphone en scannant des codes à barres ou en lisant des étiquettes RFID (Florence Jacob – Université du Havre). La marchandise sera délivrée dans des « drivin » (Bruno Deborde – Intermarché) ou des points relais, qui serviront aussi d’espace de démonstration (Pixmania) et occasionnellement d’achat. Des drivin pour voitures électriques aux portes de galeries marchandes ? Pendant que la batterie se recharge, le magasinier charge le coffre avec les achats en ligne, alors que le consommateur se fait présenter les dernières nouveautés.

mardi 31 août 2010

Carrefour Planet réforme l'hypermarché et annonce sa révolution

L'ouverture des Carrefour Planet d'Ecully et de Vénissieux a créé un  buzz inattendu dans la presse généraliste. Tous les journaux en parlent. Que l'inventeur du concept d'hypermarché décide de le réinventer, c'est plus qu'une décision de management, c'est l'annonce d'une révolution. Comme le Duc de Liancourt, Lars Olofsson pourrait répondre au "mais c'est un Carrefour Planet!", le célèbre "non, sir c'est une révolution".

Tous les commentateurs s'accordent sur la nécessité de réformer l'hypermarché. Mais aucun n'analyse vraiment les raisons de ce désenchantement du concept de "tout sous un même toit". Peut-être faut-il le chercher dans le changement économico-sociétal décrit par Philippe Moatti lors de l'université d'été de GS1 le 27 Août. Les trente années glorieuses d'après guerre se sont appuyées sur la production et la consommation de masse, la réduction des prix par la massification, et la voiture comme technologie libératrice. L'hypermarché était le magasin de cette époque, il n'est pas celui du début du 21ème siècle.
L'émergence de la société "cognitive" et de la personnalisation de masse s'appuient sur la technologie Internet. Son instrument est le téléphone portable. Son magasin serait un hybride fait de virtuel et de physique, le drivin dans une galerie marchande, peut être.
Pour le moment chez Carrefour Planet il y aura moins de références mais plus de marques. Des univers sont confiés à des grandes marques comme Virgin, Apple ou L'oréal. La technologie est plus présente avec "Max le Sommelier", les scanettes, les recettes par SMS. Et le conseil fait un grand retour dans les cosmétiques, le multimédia et le rayon bio. On est encore loin du drivin, mais plus dans l'hyper, Pour acheter un vélo, il faudra le commander.

mercredi 28 juillet 2010

Simplification des contraintes pesant sur la facture électronique

Le 23 juin 2010 le conseil de l’union européenne a adopté des règles simplifiées pour la facturation en Europe. Cette directive 10858/10 modifie la directive 2006/112/EC sur le système commun de déclaration de la TVA et des règles de facturation. Et en particulier elle simplifie les règles de facturation électronique.
Son attendu 8, exprime clairement la volonté que « Factures papier et factures électroniques soient traitées de façon équivalente, et que les lourdeurs administratives sur la facture électronique ne soient pas accrues ». « Dans la mesure où l’utilisation de la facture électronique permet aux entreprises de réduire leurs coûts et d’être plus compétitives, les obligations fiscales actuelles sur la facture électronique devraient être revues pour supprimer les lourdeurs existantes et les obstacles à son essor ». 
L’attendu 11 précise de plus que si « l’authenticité et l’intégrité des factures électroniques peuvent être assurées en utilisant des technologies existantes comme l’EDI et la signature électronique (…), dans la mesure où d’autres technologies existent, les contribuables ne doivent pas être contraints à utiliser telles ou telles technologies particulières de facturation électronique ».
La directive définit, en son article 217, « la facture électronique comme une facture qui contient les informations exigées par la directive, et qui a été émise et reçue dans un quelconque format électronique ». L’alinéa 2 de l’article 233 précise que la signature électronique et l’EDI ne sont que des exemples de moyens d’assurer l’authenticité et l’intégrité de la facture. Cette présentation de ces deux technologies comme de simples exemples est un des assouplissements importants par rapport à 2006.  Mais l’alinéa 1 de l’article 233 va plus loin dans l’ouverture des possibles en mettant la facture électronique et papier sur le même plan en matière de preuve de leur authenticité, intégrité et légalité. Celles-ci doivent être assurées « de la date d’émission à la fin de  la période de conservation » et « chaque contribuable doit déterminer la façon de les garantir (…) en mettant en place tout contrôle créant les conditions d’une traçabilité fiable et auditable entre la facture et la délivrance des biens ou des services ».
Cette directive devra être transposée dans les législations nationales avant le 31 décembre 2012.
Cet assouplissement des règles de la facturation électronique devrait accélérer son adoption par les TPE. Dans la mesure où la directive pose en principe l’équivalence entre facture papier et facture électronique, elle devrait inciter les autorités fiscales nationales à supprimer les obligations particulières faites à la facture électronique en matière de format, de contrôle, de stockage et de restitution. Si tel était le cas des modifications profondes devraient se produire dans l’écosystème des fournisseurs de solutions de facturation  électronique.

samedi 17 juillet 2010

De l’illusion d’un langage électronique universel du commerce.

Est –il possible de proposer plus de 20 ans après l’invention de l’EDI un nouveau langage électronique inter-entreprise et d’en faire le point de convergence de tout ceux créés par le passé? C’est ce qu’UN/CEFACT propose aujourd’hui et il est des experts dans la communauté GS1 pour suivre cette quête d’un esperanto mondial du commerce électronique.
Le point de départ de la discussion et le postulat initial est que les entreprises ont besoin d’interopérabilité dans leurs relations commerciales machine à machine. Elles trouvent celle-ci assez naturellement dans la sphère de leur communauté rapprochée. Avec les partenaires commerciaux les plus importants et ceux avec lesquels les relations sont les plus fréquentes, des langages électroniques se sont cristallisés pour accélérer et fiabiliser les transactions. C’est ainsi que nationalement, régionalement, et par secteurs des langages se sont imposés, EANCOM, Tradacom, ANSI X12, HL7 pour la santé, Editeur pour le livre, … Et de nouveaux continuent à émerger comme GUSI pour les relations amonts, UBL pour les achats du secteur publique, etc …
Mais les entreprises commercent au-delà de leur cercle rapproché. Certaines d’entre elles, les plus grosses,  échangent avec plusieurs secteurs et opèrent sur tous les continents. Et leur taille les autorisent à réclamer une simplification des champs des possibles ou au minimum des solutions d’interopérabilité faciles à mettre en œuvre quand elles veulent établir une relation commerciale électronique dans un nouveau secteur ou une nouvelle région.
Reconnaissant ce besoin d’interopérabilité, qui reste à confirmer au-delà de la générosité de l’idée, les experts du commerce électroniques sont à la recherche de solutions. Celles-ci peuvent venir de   deux directions, celle de l’automatisation de la traduction un pour un des langages par des traducteurs informatiques, celle de la traduction automatique vers un langage pivot universel, selon les deux schémas ci dessous.

Le défaut de la première approche est son caractère exponentiel, celui de la deuxième est la création de l’esperanto lui-même qui devient un nième langage dont la reconnaissance n’est pas garantie et dont l’élaboration nécessite un énorme effort de concertation et est en soi projet sans fin nécessitant l’établissement d’une organisation dédiée ou le renforcement des ressources d’UN/CEFACT.
Dans les deux cas l’aventure nécessitera des efforts considérables de développement et de maintenance. Mais elle est surtout vouée à l’échec, par le caractère illusoire du présupposé de départ. C’est le principe même de la traduction d’un langage d’affaire dans un autre qui est problématique. L’environnement des affaires qu’il soit manuel ou électronique est non seulement complexe et fait de subtilité, mais il est aussi changeant, dépendant des législations locales et porté par l’imagination des businessmen. Commercer électroniquement nécessite que le système informatique de l’entreprise intègre les règles de la relation commerciale et devienne rapidement fluide dans les langues commerciales des partenaires.
La solution de l’interopérabilité informatique et commerciale entre entreprises n’est pas dans la traduction des langages informatiques et des processus, mais dans la précision de leur documentation  pour permettre une adoption rapide et précise. Commercer avec un nouveau partenaire commence par l’apprentissage de ses pratiques commerciales. Et c’est le rôle des communautés que d’assurer la qualité de la documentation de leurs pratiques. C’est ce que GS1 fournit à ses membres.
Autant le travail d’UN/CEFACT à la fin des années 80 a été fondateur. Il a permis d’établir les bases d’une nouvelle technique d’échange de machine à machine, et le premier langage complet d’échange électronique, EDIFACT. Mais depuis, cette œuvre initiale a été reprise, transformée, il en résulte une prolifération des langages de communautés d’affaires. Dans chacune de ses communautés, l’utilisation s’est intensifiée, sophistiquée et les dictionnaires, les syntaxes ont pris leur autonomie. Aucun esperanto ne pourra construire un pont praticable entre eux et capable de supporter des échanges commerciaux fiables.  C’est donc une illusion que d’entreprendre le développement d’un nouveau langage universel. Et GS1 devrait se désengager d’un tel effort et s’attacher à la qualité du développement de son propre langage tout en établissant des collaborations étroites avec les autres communautés disposant aussi de langages électronique pour aider les entreprises à intégrer plus facilement les langages de ces communautés adjacentes. 

jeudi 8 juillet 2010

le code à barres guide le festivalier aux Eurockéennes


Quel groupe joue sur cette scène ? Qui a-t-il sur les autres scènes ? A quelle heure la prochaine session ? Certes, il y a le dépliant du programme pour répondre à ces questions. Mais dans l’après midi, à l’heure où les découvertes et les nouveaux groupes sont programmés des noms comme « the two door cinema club », ou les « kids bombarders » disent peu de chose sur ce que le spectateur peut attendre.

Avec les QR codes placés à proximité de chacune des 5 scènes des eurockéennes de Belfort, les festivaliers accédaient à des informations localisées. La société QR-Access a encodé dans le code à barres l’adresse internet de pages formatées pour les smartphones donnant le programme du lieu, un descriptif des groupes et la possibilité d’accéder à un clip vidéo.  
L’initiative est une belle démonstration des possibilités offertes par la conjonction du téléphone mobile et du code à barres. Les pages étaient très faciles à lire et l’ergonomie particulièrement bien pensée. Cependant la nouveauté de l’application aurait sans doute nécessité plus d’information dans l’enceinte du festival pour expliquer l’utilité de ces étranges symboles dispersés un peu partout. Il n’est pas certain que la qualité du réseau disponible permettait un accès rapide aux pages, et enfin la lecture d’un écran de téléphone en plein soleil n’est pas toujours très facile. Bref, j’ai vu un seul festivalier essayé de comprendre de quoi il s’agissait et sortir son téléphone.
Les curieux pourront lire le code de l’illustration et découvrir l’application.